C'est l'histoire d'un pavé numérique

Mais surtout d'un ordinateur qui en était dépourvu. Je sais, dit comme ça, ça envoie du rêve.
L'histoire commence un jour pas si lointain (la semaine dernière précisément) quand, dans un élan studieux, je décidai de me mettre un coup de pied au cul à écrire le grand 2 de mon mémoire. J'en étais à la 3ème page - pas enregistrée bien évidemment - quand pouf, plus rien, écran blanc puis noir. Infarctus de l'ordinateur. Le verdict tomba rapidement : la carte mère avait rejoint un monde meilleur (un monde où les ordinateurs ont tous un clavier équipé d'un protège-miettes, où leurs écrans sont nettoyés régulièrement et où ils sont rechargés respectueusement de façon à conserver leur autonomie pour l'éternité. Un autre jour je vous parlerai du monde merveilleux où vont les stylos qui disparaissent mystérieusement et de cet autre endroit où gambadent joyeusement les chaussettes qui se volatilisent entre le panier de linge sale et la machine à laver).
Bref, donc, ordinateur KO. Une bonne âme, ayant encore un peu charge de la mienne - que voulez-vous, les études longues, tout ça, ça aide pas à couper le cordon ombilicalo-économique avec ses parents - me proposa de le remplacer prestement, via achat de nouvel appareil premier prix. Appareil basique, suffisant, mais dépourvu de pavé numérique. Je vous entend dans le fond "Elle nous gonfle avec son pavé numérique, y a des chiffres sur la rangée de touches du haut aussi!" Oui mais voilà, sur un clavier français c'est le pavé numérique qui permet de faire les accents quand on écrit en espagnol (je ne me lasserai pas de répéter qu'il est bien plus facile d'écrire en français avec un clavier espagnol que l'inverse. Taper Alt 160, 161, etc ou aller dans caractères spéciaux c'est looong). Et là, dans le rayon de Leclerc Culture, devant cet ordinateur au clavier trop court, je me suis posé la question du million : est-ce que je vais VRAIMENT continuer à écrire en espagnol? Parce qu'à moins de me dire, dans un moment de folie profonde, "Tiens, si je passais le CAPES?" ou de finir par traduire des modes d'emplois de céréales ou de piscines ou d'aspirateurs, j'ai peu de chances de trouver un boulot en rapport avec cette langue. Pas aucune, certes, mais peu. Il est possible que je trouve un boulot sympa, voire franchement chouette un jour, mais quid de mes premières amours? Parce que me retrouver, dans dix ans, à me dire "C'est dommage, avant j'avais un bon niveau d'Espagnol, j'ai vachement perdu" ça me fait flipper. 
Tout ça pour vous dire que j'ai finalement acheté un ordinateur avec pavé numérique, parce que je n'étais pas prête à affronter cette évidence. 
Moralité de l'histoire : on peut s'en poser des questions existentielles devant un pavé numérique, quand même!

PS : Comme j'écris souvent mes articles de blog la nuit et que la nuit je me pose plus de questions sur la vie, la mort, l'identité des forces obscures qui ont bien pu s'allier pour créer Christophe Maé, il est probable que de grands questionnements et des réflexions dont la profondeur n'a d'égal que celle qui se dégage des paroles du sus-dit Christophe Maé viennent de temps en temps traverser les pages de ce blog. Mais je vous promet de ne pas vous raconter ma vie plus que ça (en même temps, à quoi ça sert un blog sinon? Vous avez 4 heures, vous déposerez vos copies dans la case "Laisser un commentaire")